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FÊTE DE LA DÉESSE SATTEMMA – NUIT DE KANUMU Rite d’endormissement du bouc offertoire.

2005-01-15

Description : Appel à la présence et au consentement de la déesse: « ḍāniaḷgāru slīping » (Hè monsieur Daniel, l'endormissement) : rite oraculaire pour connaître de la réponse que fait la déesse au rite sacrificiel d'hommage en cours. Le rite est crucial. L'interprète Māla Dāsari de pambanādham a pour rôle de faire s'endormir le bouc promis au sacrifice. Sitôt le bouc placé dans la position requise, son comparse instrumental (joueur habituel de jamuku) intime d'abord au prêtre de “le” consacrer par fumigation. Ce qu'il fait en tenant le “fumigateur” en direction du bouc, mais bien juste au-dessus du van qui contient la figurine aux formes féminines. Les deux interprètes instrumentaux Māla Dāsari entonnent ensuite une berceuse «jō jō satyamma (dodo Sattemma) ». L'un des chanteurs (refrains) est travesti en apparence féminine, que l'on sait par ailleurs identifié à la déesse. Après un intervalle de flottement pendant lequel le spécialiste est pris à partie « sukham puṭṭuku peṭṭukōpeṭṭanḍi ! (mettez le tranquillement à l'aise ! ) », celui-ci montre clairement (gestes en éventail paisibles de la main au-dessus du museau du bouc) que l'endormissement est réussi et complet. « digamma digu ! (lève-toi mère, debout !) ». On observe une tension relative, bien que le prêtre âgé semble-lui confiant, un voile de sourire au visage. Le maître de cérémonie est clairement l'interprète Māla Dāsari de pambanādham. Il se lève et se détache du bouc pour marquer plus nettement encore qu'il lui revient de réveiller l'être endormi. Quelqu'un profère un mantra « Ōm nāmō bhāgavati sattemma talli (Aum salutation dispensatrice de fortune, mère Sattemma) » et l'on interpelle l'endormi/ie « Hé amma māṭa ! (Hé mère, dis-quelque chose !) », dont le bêlement immédiat en réponse est interprêté comme la parole de consentement de la déesse.


Axe de recherche : aspects de la prêtrise Intouchables associé à l’exécution d’un sacrifice sanglant. Rôle de l’interprétation narratives et instrumentales en contexte rituel.

Caractéristique : Rôle des spécialistes Intouchables Māla Dāsari ; rituel divinatoire sur l’aspect favorable du sacrifice à la Déesse ; appel à la présence et au consentement de la déesse au processus sacrificiel ; incarnation de la présence de la déesse.

[Lien vers rushs : 43798-04 ; 43798-07]  

Présentation générale : La localité de Peddāpuram (East Godavari District, Andhra Pradesh) était autrefois le chef-lieu d'une principauté royale autonome (samsthānam) et abritait au tournant du XXIème siècle une population multicaste d'environ 50.000 habitants. La ville est réputée pour le tissage de la soie, avec plusieurs communautés de Tisserands, de diverses castes et sous-castes, qui constituent le groupe de population majoritaire. Elle est aussi très connue pour ses nombreuses danseuses-courtisanes, de caste dēvadāsi āndhra (bhōgam-kaḷavantulu), ainsi que pour la prostitution qui en découle. Enfin son marché hebdomadaire, ainsi que la fête annuelle de sa déesse populaire de village, ou grāmadēvata (Mariḍemma) rayonnent sur une large périphérie. Ce festival dure cinq semaines et attire de grandes foules au mois d'āṣadham (juillet-août). 

Une multitude de temples, plusieurs brahmaniques, d'autres associés en propre à des castes singulières, selon des critères sectaires ou liés à une religion individuelle dévotionnelle de profit personnel, ainsi que quantité d'édicules religieux foisonnants parsèment la localité. Les temples consacrés aux déesses dites populaires ou de village (ammavāru, ammōru, grāmadēvata, śakti) tiennent une place à part dans cet ensemble, pour le bien-être physique et la protection contre les dangers immanents, au niveau du quartier, ou pour toute la localité. Parmi ces divinités, la déesse populaire Sattemma se distingue, après Mariḍemma, pour l'importance de sa fête annuelle, à l'époque du solstice d'hiver, entre les 13 et 16 janvier. 

À Peddāpuram, le culte de Sattemma s'est apparemment renouvelé dans les années 1970, de façon conforme à ce que l'on sait ailleurs de l'établissement d'une dévotion à ce type de divinité. Il est dit que Sattemma fut autrefois la divinité protectrice du fort (kōṭa) et du palais royal (havēlī) de ses souverains et serait toujours la "divinité d'élection" (iṣṭa dēvata) de la lignée royale. Les circonstances du renouvellement du culte puis de la fondation du temple actuel sont sujettes à des versions partiellement contradictoires, avec des lignes maîtresses qui concordent cependant avec l'état des choses observées à plusieurs reprises dans la période 1983 - 2005. La stèle qui incarne la déesse aurait été retrouvée dans un champ par le prêtre initial du sanctuaire actuel grâce aux indications précises d'un rêve. D'abord placée sous un arbre quelques années, un temple fut fondé autour de cette pierre en 1973, sous l'égide d'un ingénieur de la centrale électrique. Celui-ci aurait eu lui-même une révélation à l'écoute de la syllabe mystique Om, qu'il entendit clairement venir du cœur du transformateur éclectique situé derrière l'arbre, face au sanctuaire. Le comité de temple initial eut ensuite l'idée d''agrémenter la célébration annuelle de la fête de la déesse d'un défilé processionnel spectaculaire, repris du modèle fourni par la fête de la grande déesse populaire locale (grāmadēvata) Maridemma

Fonds Daniel Negers : Le fonds Daniel Negers contient essentiellement des sources premières concernant d'abord la localité de Peddāpuram (East Godavari District, Andhra pradesh), ainsi que la région côtière Nord de l'État régional (Guntur à Vishakhapatnam et Vizianangaram), jusqu'à la capitale d'alors (1983 - 2014), Hyderabad et ses environs. Il fournit aussi des photographies et quelques enregistrements audios et photographiques sur Bombay (Mumbaï) et Kandivali Ouest (banlieue nord de Bombay), des photographies sur la ville de Puri, le temple de Konarak (Orissa/Odisha), ainsi que sur le Tamil Nadu, le Kerala et le Karnataka (photographies 1983).

L'apport central actuel se caractérise par une documentation générale de première main qui éclaire un ensemble de phénomènes ou de réalités des années 1983 - 2006 : textes manuscrits, en langue télougoue, recueillis par l'auteur auprès de sources premières (auteurs), et des traductions inédites (français et anglais), qui y correspondent pour l'essentiel ; clichés photographiques, enregistrement audios, vidéos, affiches et affichettes à valeur iconographique et textuelle, cartes et plans de localité). De nombreux documents des diverses natures, sur supports variés, se recoupent et fournissent des informations complémentaires, souvent croisées, pour des phénomènes fréquemment obsolètes ou hors de portée, parfois déjà tombés dans l'oubli de la culture d'origine elle-même.

L'objectif est à la fois patrimonial et de recherche. D'une part, constituer des éléments de ressource de mémoire sur la période couverte. De l'autre, l'orientation de recherche couvre des domaines variés, dont la finalité commune ressortit à vouloir fournir une contribution à la caractérisation de faits ethnographiques, ethnologiques et anthropologiques principalement centrés sur la localité de Peddāpuram et l'Andhra côtier nord, pour la période considérée (1983 - 2006). Un grand nombre de documents fournissent d'ailleurs un point de départ et d'observation inégalé pour l'élaboration d'un matériau descriptif mais aussi analytique en tant qu'ils correspondent à des « notes de terrain ethnographiques » des événements et des phénomènes considérés.



https://medihal.archives-ouvertes.fr/hal-03438023
Contributeur : Dimitri Galitzine Connectez-vous pour contacter le contributeur
Soumis le : samedi 20 novembre 2021 - 23:23:44
Dernière modification le : mardi 23 novembre 2021 - 23:03:58