L’appropriation des savoirs sur le corpus littéraire du Caṅkam en Inde du Sud à l’époque coloniale : trajectoires individuelles et dynamiques collectives - Archive ouverte HAL Accéder directement au contenu
Chapitre D'ouvrage Année : 2021

Appropriation of Knowledge on the Literary Corpus of Caṅkam Poetry in South India during the Colonial Period: Individual Trajectories and Collective Dynamics

L’appropriation des savoirs sur le corpus littéraire du Caṅkam en Inde du Sud à l’époque coloniale : trajectoires individuelles et dynamiques collectives

Résumé

In the 19th and 20th centuries, the classic Sangam literature has been the object of a phenomenon of reappropriation in South India. Individual approaches, notably that of U. Vē Cāminātaiyar, have relied on the collective practices used in the pre-colonial period to preserve and transmit knowledge within the literate circle, while appropriating new methods allowing to understand and disseminate rediscovered manuscripts. The fascination exercised by this body of ancient poetry first passed through an individual, intimate relationship to texts difficult to get to. It assured the scholars who made them accessible, a fame they were proud of. The texts spread gradually on a regional scale, going beyond the framework of a literate elite. This discovery was politically instrumentalized, allowing this corpus to become one of the markers of an imagined Tamil community then in formation. The study of the combination of individual and collective approaches of an ancient knowledge rediscovered allows us to examine more widely the articulation, in India, between the individual and the community in the process of appropriation of knowledge.
Au xixe et au xxe siècle, la littérature tamoule classique du Sangam a été l’objet d’un phénomène de réappropriation en Inde du Sud. Les approches individuelles, notamment celle d’U. Vē Cāminātaiyar, se sont appuyées sur les pratiques collectives utilisées à l’époque précoloniale pour conserver et transmettre les savoirs au sein des cercles lettrés, tout en s’appropriant de nouvelles méthodes permettant de comprendre et de diffuser les manuscrits redécouverts. La fascination qu’exerça ce corpus de poésie ancienne passa d’abord par un rapport individuel, intime, à des textes d’un abord difficile. Il assura aux savants qui les rendirent accessibles une renommée dont ils étaient fiers. Les textes se diffusèrent ensuite progressivement à l’échelle régionale, dépassant le cadre d’une élite lettrée. Cette découverte fut politiquement instrumentalisée, permettant à ce corpus de devenir l’un des marqueurs d’une communauté tamoule imaginée alors en formation. L’étude de la combinaison des approches individuelles et collectives d’un savoir ancien redécouvert permet d’interroger plus largement l’articulation, en Inde, entre l’individu et la communauté dans le processus d’appropriation des savoirs.

Dates et versions

hal-03583393 , version 1 (21-02-2022)

Identifiants

Citer

Anne Viguier. L’appropriation des savoirs sur le corpus littéraire du Caṅkam en Inde du Sud à l’époque coloniale : trajectoires individuelles et dynamiques collectives. (Ré) Appropriations des savoirs. Acteurs, territoires, processus, enjeux., Presses de l’Inalco, pp.49-88, 2021, 9782858313860. ⟨10.4000/books.pressesinalco.42947⟩. ⟨hal-03583393⟩
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