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Communication dans un congrès

Introduction et maintien des entités spatiales dans le récit en chinois L2 : choix et structure du topique

Abstract : Pendant la production d’un discours, le locuteur doit réaliser de nombreuses tâches comme celles de la sélection et linéarisation de l’information ainsi que de l’assignation d’une perspective informationnelle à chaque proposition (Levelt, 1989). Dans cette approche, nous nous intéressons à comment les entités spatiales (potential grounds, Hendriks, 2005) sont introduites et maintenues dans le récit en chinois langue étrangère. Nous cherchons à savoir si la structuration du domaine conceptuel de l’espace dans le récit en L2 donne lieu ou non à des phénomènes d’influence translinguistique. La procédure utilisée consiste en l’analyse d’un corpus oral collecté auprès de locuteurs natifs du français et du chinois, ainsi que trois groupes d’apprenants francophones du chinois de niveaux débutant, intermédiaire et avancé (N=110). Le stimulus utilisé est une bande dessinée composées de dix planches de quatre dessins. Elle présente un récit de quête pendant laquelle le personnage principal évolue dans des environnements différents et rencontre diverses entités. Les résultats révèlent un phénomène d’influence translinguistique dans l’introduction des entités spatiales chez les apprenants jusqu’au niveau intermédiaire : ils utilisent la prise de perspective de leur L1 en introduisant ces référents en tant qu’objet d’un verbe de perception dans une construction prédicative canonique, par rapport à un topique référant au personnage principal ayant le rôle sémantique d’expérient (ex. : tā kàndào-le yī-ge dòng « il aperçoit un trou »). Il faut attendre le niveau avancé pour voir les apprenants procéder comme les sinophones et introduire fréquemment les entités spatiales en tant qu’objet d’un verbe existentiel dans une construction présentative statique, par rapport à un topique locatif (ex. : cǎopíng-shang yǒu yī-ge dòng « sur la pelouse il y a un trou »). En revanche, dans le maintien des entités spatiales en tant que topique locatif d’un énoncé suivant, les résultats montrent chez les apprenants intermédiaires un phénomène de sur-explicitation déjà observé dans l’acquisition d’autres L2 (Ryan, 2015). Ils construisent le topique avec le nom référant à l’entité spatiale et un démonstratif (avec son classificateur) comme déterminant, au lieu d’un nom nu comme c’est le cas chez les sinophones (ex. : cóng zhè-ge dòng lǐbian , au lieu de cóng dòng lǐbian ). Ce procédé est observé même si l’antécédent du référent maintenu est plus proche chez les apprenants que chez les natifs. Cette étude révèle donc deux phénomènes provenant d’origines différentes dans la structuration de l’espace en L2. Hendriks, Henriëtte. (2005). Structuring space in discourse: A comparison of Chinese, English, French and German L1 and English, French and German L2 acquisition. In Henriëtte Hendriks (ed.), The structure of Learner Varieties, 111–156. Berlin: Mouton de Gruyter. Levelt, W. J. M. (1989). Speaking: from intention to articulation. Cambridge MA, London: MIT Press. Ryan, J. (2015). Overexplicit Referent Tracking in L2 English: Strategy, Avoidance, or Myth? Language Learning, 65(4), 824–859.
Type de document :
Communication dans un congrès
Liste complète des métadonnées

https://hal-inalco.archives-ouvertes.fr/hal-03278342
Contributeur : Arnaud Arslangul <>
Soumis le : lundi 5 juillet 2021 - 14:55:10
Dernière modification le : mercredi 7 juillet 2021 - 03:29:18

Identifiants

  • HAL Id : hal-03278342, version 1

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Citation

Arnaud Arslangul. Introduction et maintien des entités spatiales dans le récit en chinois L2 : choix et structure du topique. RéAL2 2021 « Influence translinguistique : Où en est-on aujourd’hui ? », Jul 2021, Toulouse, France. ⟨hal-03278342⟩

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