De chica centella nace gran fuego ou comment un énoncé sapientiel devient proverbe
Résumé
Nous proposons de suivre le devenir d’un énoncé sapientiel bref que l’on retrouve sous différentes formes dans une série d’ouvrages reliés entre eux et faisant partie de notre corpus noyau à partir duquel nous construisons notre base de données d’énoncés sapientiels. Ces corpus issus du Kitab adab al-falâsifa de Hunayn Ibn Ishâq al-Ibâdî (Kitab adab al-falâsifa d’al-Ansâri, Mukhtâr al-Hikam wa mahâsin al-kalim de Mubashshir ibn Fâtik, Sefer musre ha-filosofim de Judah al-Harîzî, Libre de paraules e dits de savis y filòsofs de Jehudah Bonsenyor, Libro de los Buenos proverbios et Bocados de oro, Liber philosophorum moralium antiquorum ou Bonium). Ces textes permettent de retracer une des voies de la transmission de la sagesse antique de l’Orient à l’Occident. En effet, Le VIIIe siècle voit la sagesse grecque et orientale traduite en arabe à l’initiative des califes abbassides. Mais c’est au IXe siècle dans la Péninsule que les textes et les idées circulent véritablement entre l’Orient et l’Occident. Au Xe siècle la politique de mécénat des califes ommeyades vise à la production d’une somme du savoir encyclopédique à partir de laquelle se développeront de nouveaux savoirs scientifiques originaux. Des cercles arabes, mozarabes et juifs traduisent les ouvrages savants. Ce savoir qui se transmet à l’Espagne chrétienne et à l’Europe par l’intermédiaire de langues de culture comme le latin, puis l’hébreu (communauté du Sud de la France) et les langues vernaculaires (XIIIe siècle en Espagne) est réélaboré, transformé ou adapté aux besoins spécifiques, idéologiques ou religieux des groupes qui se l’approprient. On le retrouve dans les productions littéraires du XVIe siècle, par exemple, sous la forme de proverbes ou de grandes collections de proverbiers.
Origine : Fichiers produits par l'(les) auteur(s)
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