Ottoman empire through picaresque biography of Eliya Karmona - Archive ouverte HAL Accéder directement au contenu
Article Dans Une Revue Cahiers Balkaniques Année : 2008

Ottoman empire through picaresque biography of Eliya Karmona

L’Empire ottoman à travers la biographie picaresque d’Eliya Karmona

(1)
1

Résumé

The fictionalized autobiography of Eliya Karmona How Eliya Karmona was born, how he grew up and how he became the director of Djugetón casts a critical eye on the tribulations of a young Jewish man in the last years of sultanate from 1884 to 1908. In sarcastic mode, with self-irony, he builds on his disappointments a picaresque novel which conforms to the law of the genre, but which has common features with other aspects of genres cultivated by Spanish Jews: accounts of travel, exemplary narratives, the treatise on the ways and customs, the fictionalized remembrances, the proverbs. Very Ottoman elements are also found there, like the private diary recounting minor deeds expenditure and receipts, which have shown concerned an Ottoman practice very useful as a source of historical information. The author has a sharp and comical critical view of gravity of the Ottoman system which obstructs every initiative, but he also criticizes the communal inflexibility which heavily constrains personal initiative, the inadaptability of the structures and consequently the ineffectiveness of the strategies put in place by individuals to survive. Nevertheless his work indirectly reveals a certain nostalgia for the vanished world. One perceives the hero’s admiration and his attachment to certain old world values, and one cannot refrain from admitting that he is correct when one measures what the Jewish communities have lost with the disappearance of the Ottoman empire.
L’autobiographie romancée d’Eliya Karmona publiée en 1926, Comment naquit Eliya Karmona comment il grandit et comment il devint directeur du Djugetón projette un regard critique sur les tribulations d’un jeune homme juif dans les dernières années du sultanat, entre 1884 et 1908. Sur le mode sarcastique, maniant l’auto-ironie, il construit sur ses déboires un roman picaresque qui sacrifie à la loi du genre, mais qui s’apparente par d’autres aspects aux genres cultivés par les Judéo-Espagnols : le récit de voyage, le récit exemplaire, le traité sur les us et coutumes, les mémoires romancées, les proverbes. On y trouve aussi des éléments très ottomans comme le journal personnel, tenant compte des menus faits, des dépenses et des rentrées, dont P. Dumont et F. Georgeon (1985) ont montré qu’il s’agissait d’une habitude ottomane bien utile comme source d’information historique. L’auteur se livre dans cette œuvre à une critique acerbe et comique des pesanteurs du système ottoman, qui font obstacle à toute initiative, mais il critique aussi les raideurs communautaires qui pèsent comme un carcan sur l’initiative personnelle, l’inadaptation des structures et, partant, l’inefficacité des stratégies mises en place pour survivre par les individus. Cependant, son œuvre révèle en creux une certaine nostalgie pour le monde disparu. On perçoit l’admiration du héros et son attachement à certaines valeurs de ce monde ancien, et l’on ne peut s’empêcher de lui donner raison lorsqu’on mesure ce que les communautés juives ont perdu avec la disparition de l’Empire ottoman.
Fichier principal
Vignette du fichier
Les ottomans de Karmona.pdf (248.75 Ko) Télécharger le fichier
Origine : Fichiers produits par l'(les) auteur(s)
Loading...

Dates et versions

hal-02139799 , version 1 (25-05-2019)

Identifiants

  • HAL Id : hal-02139799 , version 1

Citer

Marie-Christine Bornes-Varol. L’Empire ottoman à travers la biographie picaresque d’Eliya Karmona. Cahiers Balkaniques, 2008, L’Image de la période ottomane dans les littératures balkaniques, 36-37, pp.354-368. ⟨hal-02139799⟩
41 Consultations
63 Téléchargements

Partager

Gmail Facebook Twitter LinkedIn More