, là où l'on boit jusqu'à l'abrutissement et la perte de toute dignité? S'il existe donc bien chez Leskov une tentative de construire une idylle de la province (je n'ai pas insisté sur cette utopie idyllique car elle est très souvent mise en avant à partir de ses chroniques provinciales, comme Le Clergé de la collégiale (Soborjane, 1872) ou Le déclin d'une Lignée (Zaxudalyj rod, 1874), celle-ci entre constamment en collusion avec une autre des aspirations de l'écrivain, tout aussi forte, qui est de surmonter l'égocentrisme culturel ou religieux par l'entremise des provinces. La province revue et corrigée par les provinces : voici ce qui pourrait nous permettre une meilleure appréhension et compréhension de l'oeuvre de Leskov. La province conçue comme un lieu de métissage culturel, linguistique et confessionnel : voilà ce qui pourrait nous permettre de réviser de façon à mon avis fructueuse la perception, terrorise et où l'on viole les jeunes filles serves (L'Artiste en toupets-Tupejnyj xudo?nik, 1883)